Mékong, obstacles pour les poissons The fish barrier : Threat to fish due dams quantified in Mekong basin

Publié le : , par  Morgane

Résultats du grand nombre de barrages dans le bassin du Mékong

TIASA ADHYA ; Down to Earth, 1-15 avril 2012

Le fleuve Mekong, qui traverse la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam est déjà largement coupé par les barrages du fait de sa topographie escarpée. Les projets prévus consistent à construire 11 barrages de plus sur le fleuve et 41 sur ses affluents au cours des quatre prochaines années. Un autre projet de 10 à 37 barrières est prévue sur les affluents entre 2015 et 2030.

Cependant, l’étude numéro 5 publiée par PNAS en Mars montre que la construction de barrages sur les affluents pourrait radicalement changer l’écologie des poissons ainsi que leur habitat et bloquer les voies de migrations. « Éviter les barrages sur les fleuves est actuellement le principal objectif des organisations internationale à but non lucratif comme l’ International Rivers et le WWF. Mais aucune attention n’est accordée aux barrages sur les affluents, » a déclaré Guy Ziv, un chercheur de l’Université de Princeton, New Jersey, États Unis.

Un traité entre le Laos, le Cambodge, le Vietnam et le Thaïlande a conduit à la création du Mekong River Commission en 1995, dont le but est de gérer les projets de développement sur le fleuve.

Néanmoins, si des pays veulent barrer des affluents, il peuvent le faire simplement en le signalant aux autres pays. L’étude souligne comment les manques de cet accord peuvent affecter les communautés de pêcheurs du Cambodge et du Vietnam.
Monsieur Ziv a étudié l’impact de 27 de ces barrages. En utilisant un simple modèle des migrations de poissons, l’ auteur a pu examiner les effets de chaque barrage sur la production de poisson. Celles-ci ont révélé qu’un barrage en cours de construction dans le Lower Se San au Cambodge, à lui seul, peut provoquer une baisse de 9,3 % de la biomasse des poissons dans le bassin du Mékong. Selon le modèle, en 2015, 80 espèces de poissons seront considérés comme « vulnérables » en conséquence des 41 projets de barrages. Par contre, avec 37 barrages de plus d’ ici 2030, la perte de migration des poissons sera de 103 espèces jugés en voie de « danger critique ».
Alors que chaque barrage seul pourrait affecter un petit nombre de poissons, l’impact sera plus important si tous les barrages sont pris en considération, a noté l’auteur dans l’ article. Il a également constaté que les pertes de diversité des poissons augmenteraient de 51 % si on construisait des barrages sur les affluents. Un pour cent de perte de variété de poissons entraîne une perte de 10 000 tonnes de poissons. Alors que la construction de barrages plus à l’amont entraînerait la même production électrique avec moins de conséquences écologiques, ajoute Ziv.
« Ce modèle indique le nombre de barrages à construire pour un niveau de production d’énergie sans affecter l’écologie des poissons ». Les conséquences sur la diversité des poissons pourront être minimisées simplement en évitant quelques barrages qui, ensemble ne prévoient pas plus de 14 terawatt/h d’électricité par an, déclara Ziv.

Les risques pour l’Inde aussi
C’ est presque le même scénario en Inde. « Près de 550 projets ont été planifiés avec une capacité totale de 120 000 MW », a déclaré Mahendra Lodhi, chercheur au GB Pant Institute pour l’ Environnement de l’Himalaya et de l’ Utarakhand. « Le fait de détourner l’eau des fleuves est insuffisant pour soutenir la faune et la flore aquatique, en particulier dans les saisons hors mousson.

De plus, certains espèces de poissons des fleuves Himalayens migrent en amont pour pondre mais ces barrages hydroélectriques constituent un obstacle pour eux, » a constaté Lodhi.

En examinant cette étude, Vidyadhar Atkore, un chercheur à ATREE, une ONG basée à Bangalore, déclare : « De nombreuses études provenant des pays développés ont évalué les impacts des barrages sur la biodiversité aquatique, mais peu d’études ont analysé l’impact direct des projets hydroélectriques sur la biodiversité des fleuves des pays en développement ». L’article comble le manque, ajoute Atkore qui étudie l’effet de la modification hydrologique sur les poissons indigènes. Des recherches similaires sont nécessaires en Inde, puisqu’un grand nombre de projets hydroélectriques sont en cours de construction dans les Ghats occidentales et au nord-est dans la région himalayenne. La construction de barrages a déjà affecté les voies migratoires du Mahseer Himalayen et entraîné la perte de ses aires d’hivernage dans la Yamuna, le Gange et le Sharda.

Traductions de Oumi Aboutoihi, stagaire au Crisla

Notre Terre n°40 - février 2013

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