Que valent le tendu et le bamboo Price tag for tendu, bamboo

Publié le : , par  Morgane

Le gouvernement a du mal à calculer le coût des produits forestiers.

Kumar Sambhav Shrivastava, Down To Earth, May 1-15 2011

Combien coûte une botte de feuille de tendu ? C’est la question que se pose le gouvernement qui est sur le point d’introduire un soutien des prix minimums (MSP) pour les produits forestiers secondaires (MFP).

Une fois décidé, le MSP promettrait une hausse des revenus des habitants de la forêt. Car on tiendrait compte du coût de la main d’œuvre, du salaire journalier et de la valeur marchande des produits forestiers. Plus de 270 millions de personnes en Inde dépendent des produits forestiers pour pouvoir gagner leur vie, mais elles sont obligées de vendre leurs produits à des marchands ou à des agences de l’État à des prix cassés.

Par contre le gouvernement se voit confronté à des difficultés initiales dans la préparation d’une méthode de calcul du MSP.

En août l’année dernière, le ministère de Panchayati Raj a formé une commission présidée par l’économiste T. Haque afin de calculer le MSP. La commission devait présenter son rapport définitif au gouvernement jusqu’à la fin du mois de mars. Elle ne l’a toujours pas fait.

Selon des informations de la commission, les membres avaient d’abord proposé de confier cette tâche, de calcul du MSP des produits forestiers, à la Commission pour les coûts et les prix de l’agriculture, qui tous les ans recommande des MSP pour les produits de l’agriculture. Mais la proposition a été rejetée après que certains membres ont répondu que le ramassage dans les forêts n’avait rien à voir avec la récolte des champs. « Dans l’agriculture le coût principal est le coût de production et dans la forêt c’est le coût de la main d’œuvre. Et les productions de MFP varient selon les zones et l’époque », selon les informations. Il est possible que la commission de Haque conseille la formation d’une commission centrale dans le genre d’une commission pour la production agricole, composée d’experts forestiers et économiques, ajoute-t-on.

Pendant que l’organisme en charge du développement des forêts, qui est déjà impliqué dans le commerce des produits forestiers dans beaucoup d’État, obtiendrait les produits forestiers, la coordination pourrait être confiée à la fédération indienne pour le développement du marché des coopératives tribales.

Mais Shankar Gopalakrihnan du Centre pour la survie et la dignité, une association de Delhi s’engageant pour les droits tribaux, suppose qu’une commission au niveau national ne fonctionnerait pas. « Du fait de la variabilité régionale dans la production de produits forestiers, il faut des commissions dans chaque État », explique-t-il. Selon Sharachchandra Lele, un membre du National Forest Rights Act Committee, implanter le MSP « est une tentative de contourner les droits fondamentaux des habitants de la forêt de posséder, de gérer et de disposer des produits forestiers comme le dit le Forest Rights Act (FRA) ».

Le ministère de l’Environnement se réveille

Le 11 avril, le ministre de l’Environnement Jairam Ramesh a écrit au vice-président de la Commission de planification Montek Singh Ahluwalia, que le MSP devait être défini pour chaque produit de la forêt – la feuille de tendu, le bambou, la fleur et la graine de mahua, la feuille et la graine de sal, le lac, le chironjee, le miel sauvage, le tamarin, le caoutchouc, le myrobalan et le karanji. Pour l’instant parmi ces plantes, les États ont le monopole sur les feuilles de tendu, le bambou, le mahua et le sal.
Dans le Madhya Pradesh le prix que les populations tribales reçoivent pour le ramassage des feuilles de tendu ne correspond même pas au salaire journalier minimum, selon Anurag Modi de Shramik Adivasi Sangathan dans le Madhya Pradesh. « Les populations tribales reçoivent 60 Rs pour 5 000 feuilles. Cela fait un paisa par feuille. Une famille ne peut pas ramasser plus de 15 000 feuilles par jour. Le montant du salaire journalier pour deux personnes c’est 450 Rs », ajoute-t-il.
Dans sa lettre, Ramesh explique que tous les monopoles sur l’achat des produits forestiers devraient être supprimés. Les agences d’approvisionnement ne devraient pas seulement acheter les produits rentables comme le tendu ou le bambou, mais aussi garantir un MSP pour les autres produits.

Sanjay Basu Mullick, du Jharkhand Jungle Bachao Andolan, croit qu’une fois le monopole supprimé, « le MSP ne sera plus nécessaire ». « Le FRA accorde aux habitants des forêts le droit de propriété des produits forestiers. Il ne devrait pas avoir d’ingérence gouvernementale », dit-il.

Traduction : Cédric Labry, stagiaire au Crisla

Notre Terre n°38 - nov. 2011

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