Le remède pour les personnes souffrant des malheurs climatiques People’s cure to climate woes

Publié le : , par  Morgane

VINEET KUMAR / KATHMANDU

Down To Earth, 16-30 avril 2015
Traduit par Laurianne COLAK , stagiaire au Crisla.

Ecologiquement vulnérable, le Népal a formulé son plan d’adaptation au changement climatique avec l’aide des communautés.

Dans un des pays les plus pauvres du monde, les districts les plus miséreux ont proposé des moyens d’atténuer les problèmes auxquels ils sont confrontés en raison du changement climatique. Le Népal, qui passe par une transition politique et la rédaction d’une Constitution, a fait des groupes les plus vulnérables de sa population des acteurs de la planification de l’adaptation au changement climatique.

Les taux de pauvreté élevés et l’écologie fragile rendent le Népal extrêmement sensible aux impacts du changement climatique. Selon les évaluations faites par le gouvernement, les régions du centre-ouest et de l’extrême ouest, où l’agriculture à petite échelle est la principale occupation, sont très exposées à la sécheresse, aux glissements de terrain et à la modification du régime des pluies. Par rapport au reste du pays, la capacité d’adaptation de ces régions est également assez faible. Mais en dépit de la crise qu’il traverse, le Népal est devenu le premier pays au monde à développer une approche de bas en haut de la planification quand il a annoncé le Cadre National sur les Plans Locaux d’Adaptation pour l’Action (National Framework on Local Adaptation Plans for Action) en novembre 2011. La mise en œuvre a commencé en 2013 et est supposée s’achever d’ici la fin 2015.

Les plans locaux d’adaptation de l’action, identifient les besoins locaux, les options et les priorités, puis les intègrent dans la politique nationale. Le programme a été conçu pour assurer une meilleure mise en œuvre du Programme National d’Adaptation de l’Action du Népal (PNAA), qui a été lancé en Septembre 2010.

Les plans locaux sont préparés avec des apports issus des villages ou municipalités, fondés sur le bon sens de la communauté. "Ce sont les souhaits exprimés par les communautés", dit Som Lal Subedi, secrétaire au ministère des Affaires fédérales et au développement local (SMAFDL), au Népal. Par exemple, le village de Vishala, sujet à la sécheresse dans le district de Dailekh, voulait que les autorités fournissent des variétés de semences résistantes à la sécheresse et qu’elles construisent un étang. Ces suggestions ont été acceptées. Un total de 70 plans locaux a été préparé pour 69 comités de développement des villages (CDV) et une municipalité dans 14 des districts les plus pauvres et les plus vulnérables du Népal pour une mise en œuvre en 2013-14.

Le plan comprenait 796 types d’activités d’adaptation au changement climatique. Selon des sources gouvernementales, environ 45 pour cent des activités des plans locaux d’adaptation de l’action ont été mis en œuvre en février 2015.

En ce qui concerne les allocations budgétaires, elles sont faites conformément aux lignes directrices du PNAA qui rendent obligatoire de débourser au moins 80 pour cent du budget directement pour la mise en œuvre de l’action d’adaptation identifiée au niveau local. Sur le budget total approuvé de 54 millions de roupies népalaises (NPR), 49 millions de roupies ont été alloués en 2013-14 (1 dollar US équivaut à 100,13 NPR). Pour 2014-15, sur l’allocation totale de 73 millions de roupies, 57 millions de roupies ont été accordées.

Des problèmes difficiles

Le processus de formulation des programmes locaux n’a pas été facile. "Nous avons été confrontés à de nombreux défis pour sensibiliser la communauté sur les problèmes de leur région auxquels la région faisait face et obtenir leurs contributions aux solutions possibles », selon Anil Subedi. Le gouvernement avait besoin d’élaborer les programmes d’adaptation adaptés aux différentes régions du pays, caractérisées par des terrains vallonnés, des reliefs fragiles et des ressources inégalement réparties. La participation communautaire est également nécessaire pour assurer leur soutien au plan.

Le gouvernement a eu recours aux ONG pour entrer en contact avec les communautés et le processus de préparation a été supervisé par le ministère de l’environnement du Népal. La société de conseil HTSPE Ldt basée au Royaume-Uni a aidé à formuler des plans d’adaptation locaux. La préparation des plans a commencé en avril 2012 et a été achevée en septembre de la même année.

La mise en œuvre des plans locaux a été supervisée par le ministère de la Science, de la Technologie et de l’Environnement en coordination avec le ministère du développement local. Une pléthore d’organismes gouvernementaux et non gouvernementaux a également été impliquée. Ceux-ci incluent le Conseil du Népal sur les changements climatiques, le Ministère des Finances, les administrations de district, les organisations communautaires, les ONG et les groupes autochtones. Les comités de développement de district et des villages ont été les principaux organismes de mise en œuvre au niveau local. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a fourni une assistance technique au programme.

L’estimation du succès

Les experts déclarent qu’il est quelque peu difficile d’évaluer le succès de ce plan. " « Les pays ont des conditions, des politiques et des structures de gouvernance différentes et il semble que les plans locaux ont de grande chance de réussir. Toutefois, au Népal, il est encore trop tôt pour le dire, car la suite va prendre un certain temps pour être visible", déclare Shanti Karanjit, analyste des politiques sur les changements climatiques pour le PNUD au Népal.

Cependant, il est clair que le programme a fait des communautés un acteur important du processus de planification plutôt qu’un spectateur. "Les plans d’adaptation locale de l’action en cours d’élaboration et de mise en œuvre au Népal sont une excellente innovation que d’autres pays devraient suivre », selon Seleemul Huq, directeur au Centre international pour le changement climatique et le développement. De telles initiatives apportent de la connaissance à la communauté, et les aident à donner la priorité aux mécanismes d’adaptation au changement climatique.

Notre Terre n°43, septembre 2015

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